Comment gérer l’obsolescence en électronique ?

L’obsolescence en électronique est un problème important et génère beaucoup de dépenses enAncien circuit
terme de coût et de ressources, dont il faut au maximum s’en affranchir en amont.
Essayons d’aborder les points suivants pour avoir une meilleure réponse face à ce problème.
1. Qu’est ce que l’obsolescence d’un produit ?
2. Les solutions
3. Les actions préalables

1. L’obsolescence d’un produit:
Ca y est je viens de recevoir un mail du distributeur concernant une référence de
composant implanté sur ma carte électronique, il est devenu obsolète ! C’est donc sa fin de
vie qui est annoncée .
Avant toute précipitation il est important de voir deux choses :
La nature du composant obsolète et sa date réelle de fin de fabrication.
La nature du composant implanté sur la carte va nous renseigner sur les actions à mettre
en oeuvre : composants passifs (résistances , diodes, connecteurs, …) ou composants actifs
(microprocesseur, convertisseur ADC, driver, transceiver RS232-RS485, …) .
Concernant sa date de fin de vie, il existe un certain nombre d’abréviations pour définir le
caractère de révision du composant :
Le PCN (Product Change Notification ) nous donne toutes les informations techniques sur
les modifications apportées sur ce composant : déménagement du lieu de fabrication,
modification du marquage produit ou matériau utilisé différent . Le PCN nous donne au
final l’impact réel sur le composant, la fonctionnalité est-elle la même ou non ? Faut-il en
changer ou non ?
Le EOL (End Of Line) définit l’arrêt du produit mais on peut toujours parvenir à en trouver
sur le marché le temps que le stock fabricant soit écoulé. On nous communique alors le
LBD, Last Buy Date qui est la date finale pour placer ses commandes et le LSD, Last Ship
Date, qui est la date ultime du dernier envoi du composant obsolète.
Il peut s’écouler un an entre le LBD et le LSD.

2. Les solutions :
Il existe différentes solutions palliatives en fonction du composant obsolète :
– L’équivalence :
On recherche une équivalence produit parmi les différents autres fabricants de
semiconducteurs. La plupart des fabricants de semiconducteurs possèdent sur leur site web
un menu « cross reference », on entre la référence exacte du produit obsolète, le fabricant
nous donne un ou plusieurs composants équivalents. On recherche ensuite dans la
datasheet du produit, c’est à dire sa fiche technique, toutes les données nécessaires pour
confirmer cette équivalence au niveau du boîtier, de la fonctionnalité du produit et des
caractéristiques techniques (niveaux de tension et courant demandés par le produit pour
fonctionner).
– Le sourcing :
Il arrive qu’on ne possède aucune équivalence, c’est fréquent chez les produits très
spécifiques comme des microprocesseurs ou des périphériques particuliers comme par
exemple des E-MMC (Embedded Multi-Media Card).
La solution s’impose d’elle même, il faut tout refaire.
Pendant cette phase de design de produit, on peut toujours trouver le composant
obsolète via des brokers, i.e des fournisseurs spécialisés dans les produits difficiles à
trouver. Ils sont nombreux sur le marché, il faut se tourner vers les plus fiables.
Cette phase transitionnelle permettra de satisfaire le client sans discontinuité de livraison
sur le produit impacté.

3. Les actions préalables:
On peut difficilement parler d’actions préventives au niveau de la conception de la carte
électronique pour palier à l’obsolescence, mais on peut s’en prémunir à minima par des
actions préalables.
Voici quelques actions à mener pour le choix d’un composant stratégique à implanter sur
une carte :
– Rechercher chez le fabricant le « Status Porduction », est-ce un produit nouveau ou non
recommandé pour de nouveaux design ?
– Demander auprès du fournisseur des informations sur le « Product Longevity »
– Etre attentif à la date de création du datasheet. Un composant crée en 2000 a plus de
chance d’être remplacé qu’un autre crée en 2012. A contrario un produit très récent a pu
être créé pour une technologie spécifique et nécessite des volumes d’achat tel qu’il est
préférable de s’en détourner.

Dans tous les cas, l’obsolescence d’un composant génère des coûts supplémentaires sur le produit.
La conception du nouveau design, les outillages de production, la re-programmation des tests,
quelquefois le surcoût d’achat du composant de remplacement sont autant de postes qui entravent
la compétitivité du produit.
Il faut voir l’obsolescence dans sa forme la plus critique, c’est à dire l’arrêt définitif du composant,
comme une opportunité vers l’amélioration du produit.

 

Valérie L.
Responsable Production

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